Curitiba, un exemple à suivre pour Marseille

Station de bus à Curitiba. (Credit photo: Wikipedia)

Station de bus à Curitiba. (Credit photo: Wikipedia)

Une ville pauvre peut s’offrir un des meilleurs réseau de transports en commun au monde, si si ! Curitiba, ville brésilienne, passée de 150 000 habitants en 1950, à 1,8 millions habitants, a réussi cet exploit en devenant également la capitale écologique du pays. Mais pour ça, son maire, l’urbaniste Jaime Lerner, a dû faire preuve d’idée novatrice et de volonté politique. Les élus marseillais et les candidats à l’élection municipale devraient sortir leurs stylos et prendre des notes.

Tout a commencé au début des années 1970. Curitiba grossissait à vue d’oeil et le gouvernement brésilien voulait maîtriser cette croissance et préserver la qualité de vie. Il a demandé à Jaime Lerner, archictecte et urbaniste de prendre les rênes de la ville. À coup de piétonnisations passées en force, il a su rendre sa ville agréable à vivre. Evidemment, la première grande rue piétonne date de 1971 et a provoqué la colère des commerçants. Puis devant le succès, ce sont eux qui ont réclamé l’élargissement des zones piétonnes.

Aujourd’hui, les rues de Curitiba sont propres. Et pour plusieurs raisons. Depuis 1989, la mairie a mis en place une campagne de tri des déchets. Plusieurs fois par semaine, des camions parcourent la ville pour récupérer le papier, le verre, le plastique trié par les habitants. En échange, ils reçoivent de la nourriture, des tickets de transports, etc. Par exemple, pour quatre kilos de déchets recyclables collectés, les habitants reçoivent un kilo de denrées alimentaires, un billet d’autobus ou d’opéra. Ces déchets sont ensuite compostés par la ville pour les espaces verts. Imaginez le succès à Marseille et l’impact sur la propreté des rues.

Chaque enfant de Curitiba est formé pendant six mois à l’écologie. Résultat, 70% des habitants trie et sait pourquoi il le fait.

Concernant les transports, Curitiba n’avait pas les moyens de s’offrir un métro. La municipalité a délégué le service à des sociétés privées mais a tracé les parcours, imposé des tarifs et construit les stations en incluant les favelas. Elle en a fait la colonne vertébrale de la ville. Le résultat est là. En 1971, un habitant sur 18 utilisait les transports en commun. Aujourd’hui, ils sont trois sur quatre à utiliser les 340 lignes de bus qui arpentent un réseau de 1100 km, dont 60 en site propre. Des autobus géants et  articulés (métro de surface) ont une capacité de 270 passagers. Ils circulent en site propre et passent toutes les deux minutes. On compte aussi 150 kilomètres de pistes cyclables.

Evidemment, Curitiba a fait des émules et plus de 80 villes dans le monde se sont inspirés de son réseau de transports. Des responsables chinois viennent y prendre conseil. En janvier 2010, Curitiba a reçu le prix du Transport Durable à Washington pour sa Linha Verde. En avril de la même année, la ville a reçu le Globe Award de la ville Durable (Globe Award Sustainable City) organisé par le Forum mondial.  Eugène Caselli et Karim Zéribi, si vous nous lisez…

Plus d’infos :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Curitiba
www.jaimelerner.com
www.terraeco.net/Jaime-Lerner-%E2%80%89Nos-petits-budgets,9270.html

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