Le ou la futur(e) maire de Marseille devra adhérer à ANTICOR

Mardi 24 septembre, journée parlementaire de l’UMP à l’Assemblée nationale.

Le ton est donné par le sénateur Eric Doligé qui parle d’instinct meurtrier à propos de François Hollande et du gouvernement en général : « Je suis comme la plupart des citoyens, moi je ne supporte plus Hollande et sa bande ! ».

Et il ajoute : « Il faudrait que l’on évite de se tirer dessus entre nous et qu’on fasse tout pour tirer plutôt… enfin moi j’ai une liste de gens que je peux vous donner, sur qui il faut tirer, hein. Il y en a une quarantaine, c’est tous ceux du gouvernement. »

Dans la salle, les rires fusent.

Puis une voix lointaine – mais reconnaissable – lance à la cantonade : « Je peux donner les Kalachnikov ! »

Cette voix, c’est celle de Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille.
Celle de l’homme qui dirige la deuxième ville de France depuis 1995.
Celle de l’homme dont la ville vient de subir 15 règlements de compte en 9 mois.
Celle de l’homme qui gère une ville dont Rudy Ricciotti disait, au tout début de la construction du génial MuCEM, qu’elle était « en perdition ».

Au-delà de comportements caricaturaux impardonnables en ces temps si peu apaisés, (mais qui siéent particulièrement bien au sénateur-maire Jean-Claude Gaudin – un homme certes sincèrement épris de sa ville mais dont l’attitude médiatique et les choix clientélistes, ces « faveurs injustifiées accordées à une personne, souvent en échange de son vote », nuisent de plus en plus à l’image de Marseille), le Collectif tient à pointer fermement le contenu du Rapport de la chambre régionale des comptes qui épingle la mairie pour, entre autre :

  • « diverses pratiques irrégulières déjà relevées par le précédent contrôle de 2006 »
    absence de « réformes structurelles » pourtant réclamées depuis 2006
  • « dette très élevée » (même s’il faut souligner que Jean-Claude Gaudin héritait d’une ville déjà très endettée par ses prédécesseurs, Gaston Deferre et Robert-Paul Vigouroux) de plus d’1,8 milliard d’euros
  • « déséquilibre des relations contractuelles » entre la ville et l’OM
  • « gestion du personnel » qui, calée sur une durée annuelle de temps de travail de 1607 heures au lieu des 1567 actuelles ferait économiser 10 millions d’euros par an
  • « amplitude d’ouverture annuelle » des lieux municipaux inférieure d’un mois à ce qui se pratique à Lyon et Paris
  • omniprésence du syndicat majoritaire Force Ouvrière
  • places d’accueil petite enfance surévaluées (10532 observées contre 14772 annoncées) avec des disproportions inquiétantes entre arrondissements
  • risque financier important concernant la gestion de Marseille aménagement

 Le rapport complet sera rendu public le 7 octobre.

Ces carences ont pesé, pèsent et pèseront lourdement sur l’avenir de Marseille et elles sont, pour partie, les causes de la tension et de la violence qui font les beaux jours de la presse hexagonale (qui oublie souvent, au passage, de vérifier ses informations avant d’écrire sur la ville la plus ancienne de France, comme l’AFP et le Figaro qui situent Port de Bouc à Marseille et l’Isle-sur-la-Sorgue dans sa banlieue ou raconte que les touristes et la Marine américaine sont encadrés par la police lors de leurs visites…).

C’est pour cela que le Collectif Marseille Mission Possible ne peut tolérer que le maire de Marseille tienne des propos qui utilisent des faits dramatiques (dont une part est imputable directement à la gestion clientéliste et donc politico-mafieuse) à des fins politico-humoristiques dont la teneur nuit à la fois à l’image de la cité phocéenne et de marseillais qui en ont assez d’être caricaturé à longueur de journée alors même que la gestion municipale est jugée défaillante à plusieurs égards et pèse directement sur leur quotidien.

C’est pourquoi nous appelons expressément le ou la futur(e) maire de Marseille à s’engager à respecter scrupuleusement les objectifs fixés par l’association ANTICOR dont le but est « de combattre la corruption et réhabiliter la politique » et qui regroupe « des élus et des citoyens de toutes tendances politiques ».

Marseille, à quelques mois d’élections municipales dont le résultat dessinera son futur visage, doit donner impérativement l’exemple en matière de vie politique saine si elle veut changer radicalement une image écornée par des décennies de gestion clientéliste, une dette exorbitante, des élus corrompus, des collectivités incompétentes, et une violence endémique.

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