Y a-t-il un pilote pour sauver l’hyper centre?

Ces dernières années et plus particulièrement depuis 2013, les marseillais(es) assistent à un déplacement progressif de leur centre-ville (appelé hyper-centre) vers le nord de la ville en direction du périmètre d’Euroméditerranée.

Ce phénomène initié depuis 15 ans par les travaux de requalification de la rue de la République (toujours en vigueur depuis…) s’est accéléré grâce à une série d’événements dont:

  • l’année Capitale Européenne de la Culture (CEC) en 2013 et la rénovation d’une première tranche du Vieux Port ainsi que l’ouverture du boulevard du littoral
  • la livraison en mai 2014 du centre commercial des Terrasses du Port (TDP) suivie de peu par celle des Voûtes de la Major
  • et enfin d’ici fin 2015, par l’ouverture du futur centre commercial des Docks (Lifestyle Village) et en 2016 des espaces commerciaux livrables avec l’opération Euromed Center.

Si cette dynamique permet de requalifier et d’embellir une partie de la ville qui en avait bien besoin, elle créée en revanche, un « grand » centre-ville à 2 vitesses. La différence de traitement entre l’hyper-centre historique et la zone couverte par l’opération Euroméditerranée est telle qu’elle devient préoccupante pour les commerçants de l’hyper-centre et pour l’image de notre cité.

Hyper centre marseillais Paradis

(rue Paradis, Marseille)

Au nord de la Canebière en direction de la Joliette; la ville de Marseille et MPM ont investi massivement sur le périmètre d’Euroméditerranée et dans les projets d’agrandissement des centres commerciaux aux portes de la ville sous prétexte d’endiguer l’évasion fiscale des marseillais qui dépenseraient chaque année plus d’1 milliard d’euros à Plan de campagne, aux Paluds ou à Aix en Provence. Ainsi, sur Euromed 1, la voirie urbaine est récente et donc (relativement) propre, large pour faciliter la déambulation, arborée et entretenue. Un effort est également porté sur les devantures des magasins et les élus misent beaucoup sur les centres commerciaux des TDP, Voûtes de la Major et des Docks pour attirer les chalands. En parallèle, la ville et Euromediterranée veillent à ce que les immeubles subissent des ravalements de façades comme on souhaiterait qu’il y en ait dans le tout le reste du centre-ville de Marseille.

Du côté sud de la Canebière en directions de la Préfecture et du cours Estienne d’Orves se joue une partition bien différente. L’hyper-centre marseillais voit ses 3 grandes artères (rue de Rome, Rue St Ferréol et Rue Paradis) se paupériser/ringardiser d’année en année faute d’un vrai plan de développement.

La ville et MPM arguent qu’en faisant passer le tramway sur la rue de Rome, ils contribuent à rénover cette artère et à la rendre plus attractive. Or, les années de chantiers liés au tramway auront eu pour principales conséquences la fermeture de nombreux magasins faute de clients. Les fonds de commerce – pour une partie d’entre eux- sont désormais rachetés au rabais pour y implanter des snacks ou des magasins types entrepôts sans devantures particulières si ce ne sont de simples rideaux métalliques… La ville n’y voit visiblement rien à redire. Quant à MPM, les pavés fraîchement installés sur le cours Saint Louis n’auront pas attendu bien longtemps avant d’être massacrés par GrDF/ErDF puis recouvert partiellement d’une couche de bitume noir. Ici aussi, aucun controle et aucune sanction de la part de MPM contre ErDF !

La rue St Ferréol a quant à elle, fait l’objet d’un mini-lifting avant les fêtes de Noël 2014. MPM, dans un élan de bonté, a «remplacé quelques pavés et recoller 4 dalles» sur la seule grande artère piétonne d’une ville d’un million d’habitants. Reste que la rue Saint Ferréol est désespérément nue d’arbres ou de toutes végétations; sa chaussée bien que refaite partiellement est déjà noire de crasse et défoncée car peu entretenue et mal conçue. Une façade sur 3 mériterait un sérieux ravalement et le sentiment d’insécurité y est de plus en plus prenant faute d’une police municipale suffisamment visible.

Enfin, la rue Paradis est promise à une requalification à l’horizon 2017 sans qu’on sache pour le moment de quoi il puisse bien s’agir. La ville via l’intermédiaire de Solange Biaggi prononce à ½ mot qu’elle n’a pas forcément de « projet innovant » et MPM ni de budget mais qu’ils « pondront bien quelque chose d’ici 2 ans et que si on n’est pas content et bien c’est pareil ! »… En clair, n’espérons pas de folie particulière pour l’artère censée être l’une des « plus chics » de notre hyper-centre.

Dans les rues adjacentes (type rue Grignan), une enrobée de bitume rouge des années 80 est censée faire le lien entre les grandes voies commerçantes. On cherche toujours la logique et l’esthétique d’un tel choix! Cette couleur rouge est salissante et surtout les agents des Eaux de Marseille comme ceux d’ErDF/GrDF la défoncent régulièrement (souvent sans autorisation) pour travaux de canalisation (ou de déviations du réseau électrique/gaz) et la recouvrent « à l’arrache » de bitume noir. Pire, il arrive qu’ils laissent tout simplement des trous béants pendant plusieurs semaines avant que MPM ne constate le carnage!

Hyper centre marseillais

(Centre ville, Marseille)

On ne fera également aucun commentaire sur l’état de salubrité de la «rue de la Mode» ou sur la voirie des années 60 de la rue Sainte (artère censée regrouper parmi les meilleurs restaurants de Marseille)…

En résumé, à l’inverse de ville comme Bordeaux, Lyon ou Lille qui ont réinvesti et repensé en profondeur leur centre-ville depuis plus de 20 ans, les élus de la ville de Marseille n’ont AUCUN projet pour l’hyper-centre et la piètre communication avec les équipes de MPM (pourtant du même bord politique) n’arrange rien. A titre indicatif, il faut en moyenne 7 à 9 mois pour que les équipes de MPM implantent des bornes anti-stationnement anarchique dans une rue à Marseille. Imaginez pour le reste….

Pourtant, les marseillais ne demandent pas grand-chose, si ce n’est un peu de propreté ! Les sols de nos rues sont jonchés de détritus et on ne voit que très rarement (les mots sont pesés pour ne pas brusquer nos amis de Force Ouvrière) des ripeurs ou cantonniers nettoyer les rues de l’hyper-centre plusieurs fois par jour comme c’est la norme ailleurs ! On aimerait également un peu moins de graffitis sur les murs des immeubles de notre centre-ville en ciblant leur nettoyage prioritairement dans les rues les plus commerçantes donc les rues les plus passantes !

On l’a compris, il n’y a pas besoin d’avoir un budget colossal pour redynamiser un secteur qui l’est mais qui manque cruellement d’ENTRETIEN et de SURVEILLANCE et qui faute d’avoir été repensé se détériore à vitesse grand V ! A quand, une prise de conscience des élus? On ne saurait que trop leur conseiller de suivre la démarche initiée depuis 3 ans par leurs homologues de Toulouse en mandatant un urbaniste de renom (Joan BUSQUETS) pour repenser entièrement leur hyper-centre. Au programme dans les rues du centre-ville toulousain (cf. image ci-dessous): élargissement des trottoirs et accroissement des pistes cyclables, piétonnisation de certaines avenues et ruelles, implantation d’arbres dans la totalité du centre. Le but consiste à redonner de l’espace aux commerces en repensant des grands lieux de centralité comme le Capitole ou les Allées Jean Jaurès comme une grande épine métropolitaine. Le résultat: se balader dans les rues de la ville rose est un plaisir lorsque c’est en passe de devenir une corvée à Marseille…

Tulouse hyper centre 2

(Centre ville de Toulouse)

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6 commentaires pour Y a-t-il un pilote pour sauver l’hyper centre?

  1. arnold dit :

    En ce qui concerne la proprete et les graffitis,c’est facile de s’en prendre a la mairie,mais faudrai deja que les gens arretent de tt jeter au sol,de cracher ou d’uriner ….j’ai constaté pas plus tard qu’hier (soit le 04/11/15) que pas mal de personnes jetent leurs papiers gras ou kleenex par terre….
    Deja je pense qu’un minimum de civisme est necessaire.

  2. Brigitte Vigny-Plichta dit :

    Saleté et insécurité en centre ville et personne ou presque pour y remédier donc …Question : Où va l’argent des taxes d’habitation et foncières ? Les investissements ne sont pas à la hauteur des sommes prélevées .

  3. Fumaroli dit :

    Un petit plus à noter sur château gombert : 30 cas d’agression à la technopole pour se faire arracher et frapper par des bandes de 10 contre un pour piller le portable et ordinateurs de jeunes qui prennent le bus là-bas ! Ce n’est pas station la rose le danger mais à côté : les gens qui travaillent high tech avec l’attrait de leurs ordinateurs. Et bien sûr personne pour surveiller, endiguer les petits malfrats et leurs agressions car il n’y a pas d’attaque armée ! (C’est la réponse de la police inexistante vers chez nous bien sûr!). Pour couronner le tout il n’y a pas de lumière des 18 h NOIR TOTAL sur la zone technopole et environs : coupe gorge garanti pour les piétons sans voiture qui vont de la Rose vers Château gombert à pied !!! Pourquoi ?? Pourtant on paie nos impôts ici… :((

  4. Cathy dit :

    Très bon article. Sans compter les ornières ou nids de poule sur les axes principaux jamais réparés ! J’en suis à mon deuxième pneu crevé avec bon choc ! Sur l’accès arnavaux à l’autoroute vers Aix ; un autre en retournant vers font vert rond point d’ arnavaux vers la rose. Plusieurs sur sakakini même etc.. Personne pour réparer ces gros trous dans la deuxième ville de France ? Où va l’argent ? Dans les concessions de parking ? Les jolis potelets colles sur les trottoirs partout au profit de quelle société ??
    J’aime bien st ferreol mais cela devient tristos. La canebiere et vieux port : la cour des miracles pour touristes en mal de sensation ? Dommage ! J’adore Marseille et le centre ville mais l’image rendue aux étrangers est navrante.

    • Hervé dit :

      Bonjour, dorénavant je signale tout ce que je peux à la Mairie ou à la Métropole selon les compétences. Allô Mairie ou Engagés au Quotidien, vous verrez ça marche ! Les ornières et nids de poule c’est la Métropole qui doit intervenir.

  5. Charlène dit :

    J’ai habité Marseille pendant des années de 2007 à 2014. Et si au début, j’aimais bien j’ai très vite déchantée, c’est la ville à mon sens, la plus dangereuse de France et la plus sale.
    C’est triste car elle a tout pour réussir, le climat, un patrimoine historique et naturel, mais…rien ne marche.

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